• Rudi

Témoignage: "La vie de coach à mon niveau"


Jean-Marie Raucq dit "Jean Jean" nous livre un témoignage à dimension humaine de son expérience d'entraîneur au niveau provincial.


Je dis toujours qu'un joueur ne peut pas comprendre la complexité d'être entraîneur et la difficulté de faire une séance qui plaise à tous ou la difficulté de faire des choix. Un joueur est avant tout nombriliste, égoïste et même s'il a joué 85 minutes ou 5, il peut râler ou nous en vouloir. Même si, heureusement, ils ne sont pas tous comme ça.

Mais le plus gros travail est la gestion de groupe avec les égos de certains et les comportements d'autres. On se doit de faire cohabiter des joueurs introvertis avec les joueurs aux caractères plus affirmés, même trop sûr d'eux pour certains avec le devoir de ne pas faire de favoritisme. Tout ça est assez complexe.

Il faut des joueurs à l'écoute et prêt à se remettre en question mais on doit surtout communiquer et être accessible envers son groupe. Combien sont réellement reconnaissant envers nous ? Et malgré ça qui prend du temps pour eux ? Quand, ils ne sont pas bien ? Je prends beaucoup de plaisir avec ce groupe magnifique mais sûrement la gestion la plus complexe que j'ai eu a faire car j'ai des joueurs très très différents.

Dans le monde du foot , il faut se justifier auprès des joueurs, et malheureusement aussi auprès de certaines personnes ou pseudos sympathisants qui pensent toujours qu'ils feront mieux que toi.Depuis plusieurs saisons (mon départ de Cointe) j'ai décidé de ne plus me prendre la tête et de laisser les médisants et les bien pensants parler, s'auto-caresser. Je suis devenu beaucoup plus zen mais pas moins compétiteur.


Actuellement ,l’environnement, les amis (les réseaux sociaux) font tout pour que le joueur ne pense qu’à lui. C’est toute la difficulté de l'entraîneur : parfois ,c’est le seul qui rame à contre-courant, qui essaie de le mettre dans un schéma, dans un collectif, qui lui demande d’être altruiste. Ce sont des mots qui sont bannis de son vocabulaire et de sa pensée à l'image de la société tout simplement.

Dans un groupe, il y a des faux et des vrais leaders. Certains le sont par la personnalité et par ce qu’ils dégagent. Ils sont donc légitimes. D’autres, au contraire, le deviennent par ancienneté sans avoir le charisme pour l’être. C’est toute la complexité !

Pour conclure, je dois vous avouer quelque chose. Lors de ma pré et formation d’entraîneur, j’ai côtoyé de nombreux joueurs et de coachs voir d'experts comme Claudy Tompkin et Vito dell'aquila entre autres avec qui je suis devenu proche, et ce qui a retenu mon attention chez eux. C'est que nous avons passé de nombreuses heures à discuter, à réfléchir sur le jeu.Et de la est née ma propre réflexion sur base de leur guidance, c’est-à-dire au moment des entraînements et des matches :

« Forcer l’adversaire, juste par notre placement, à jouer comme je voulais qu’il joue. On tendant des pièges, en permanence, pour récupérer le ballon ou pour nous démarquer… Parfois pour souffler un peu, grâce à notre réflexion, inciter l’équipe adverse à jouer à contre nature. »

Mais quel sympathisant sait voir ça ? Quels spectateurs ? Quel entraîneur ? Comment peut-on découvrir ce genre de stratégie ? Je n’en sais rien ! Et , je ne veux pas sortir de mon rôle.Ce n’est pas facile car la grande majorité des gens ne comprennent pas ce raisonnement, mon but c’est de faire penser les joueurs. Aussi jeunes soient-ils. Pour que des connexions s’établissent et que le football ne soit pas uniquement un jeu de techniciens, d’athlètes, mais un jeu de réflexion et de sacrifice collectif.Même à notre niveau !!!

Jean Jean the coach : i love this game

#Témoignage

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